Chroniques de la Délulu – Chapitre 1 : le soir où Lulu est morte
On raconte qu’un soir quelconque, dans un super marché presque vide (celui qui ferme tard, évidemment) Lulu, l’aperçut…lui. Pas un simple client, un être qui semblait tout droit sorti d’un otome game, se tenant là, figé entre les sacs de petits pois surgelés et les boîtes de pizzas quatre fromages…
Il portait un grand manteau noir, trop long pour être pratique, qui semblait flotter tout seul. Sa voix, grave et mielleuse, glissait dans l’oreille comme un secret défendu et l’odeur qu’il laissait derrière lui évoquait un parfum ancien, une fragrance que l’on pourrait appeler “Tombeau n°5”.
Il avait ce genre de présence qui fait oublier l’objectif de notre venue… LES COURSES LULU, LES COURSES.
Quand il murmura : « Tes yeux me réchauffent plus qu’un micro-ondes », Lulu sut qu’elle était perdue continuant de fixer les yeux rouges de cet inconnu… continuant de tenir son sachet de frites surgelées entre ses petites mains, oubliant le froid qui congelait doucement ses doigts.
Dans sa grande naïveté, elle vit en lui l’avenir, des nuits à arpenter le monde main dans la main. Elle entendait déjà les orgues, imaginait les chandeliers, rêvait d’un duo immortel digne des plus grandes légendes…
Son pas était lent, précis et chaque mouvement semblait chorégraphié par un réalisateur de drama coréen. Il s’approcha. Sans bruit… ou plutôt, avec ce petit bruit de semelle qui grince sur le carrelage là…
Lulu sentit ses doigts se desserrer. Le paquet de frites surgelées qu’elle tenait glissa lentement de ses mains, tourna sur lui-même dans les airs et percuta le sol dans un bruit sourd, comme si la gravité elle-même avait compris qu’elle venait de rencontrer l’amour (ou sa perte…). Le bel inconnu leva les yeux vers elle et dans ce regard, il y avait à la fois la promesse de l’éternité… et le léger mépris de quelqu’un qui n’a jamais fait la queue pour profiter d’une promotion (-10% sur tous le shop avec le code de réduction LUPHORBIADICTATRICEROI waw)
Sa main froide vint effleurer la joue de Lulu, fraiche comme une barquette de lasagnes bolognaise premier prix. Son regard plongea dans le sien, profond, hypnotique et chaque seconde semblait étirer le temps. Il se pencha, lentement, si lentement qu’elle aurait pu reculer… mais Lulu n’en avait ni la force, ni l’envie. Quand ses lèvres frôlèrent la peau de son cou, ce fut comme le premier accord d’un requiem oublié. Puis vinrent les crocs, une morsure douce, presque tendre, qui ne déchirait pas mais offrait. Dans le silence, Lulu crut entendre le battement de son propre cœur s’accorder à celui d’un autre. Les surgelés du rayon autour d’eux étaient bien congelés, mais Lulu, elle, brûlait d’espoir. Le monde entier disparut, ne laissant que la sensation brûlante d’être choisie…
Enfin, c’est comme ça que ça aurait pu être. Mais la morsure ne fut pas aussi élégante… Un peu hésitante, avec un moment de flottement gênant où il replanta ses crocs en tentant de chercher le bon angle, comme une infirmière qui loupe une prise de sang, le bruit de succion bien gluant…
Pris d’un mélange de panique, de douleur et de lucidité tardive, Lulu se débattit brusquement. Son coude partit tout seul et fracassa le nez du vampire avec une efficacité surprenante. Du sang se mit à couler abondamment de son nez et avant même que l’un des deux comprenne ce qu’il se passait, plusieurs gouttes tombèrent directement dans la morsure ouverte au cou de Lulu.
Elle se décrocha et recula de dégoût, le sang nasal du vampire coula dans son cou sur sa blessure encore fraîche puis, dans toute sa maladresse, elle glissa sur le sachet de frites surgelées que quelqu’un (elle-même) avait laissé tombé plus tôt. Sa tête heurta violemment le carrelage, tout devient noir.
Lulu était décédée… Et pourtant…
Quand elle rouvrit les yeux… Elle était un peu trop vivante pour être morte et… lui n’était plus là. Juste le rayon surgelé, un courant d’air froid… et une promo sur les nuggets. Lulu resta là, comme une vieille chaussette abandonnée dans un coin, incapable de comprendre ce qu’il s’était passé.
Dans ses veines coulait désormais une lente éternité. Sa peau devint sensible au soleil, ses pas devinrent silencieux et son cœur battit si lentement qu’il en oublia parfois de le faire. Lulu venait d’entrer dans la longue liste des êtres presque immortels… presque, car il restait mille façons absurdes de mourir, comme, par exemple, en trébuchant sur le bas de sa cape, en tombant du balcon et en s’empalant sur une statue en forme de cupidon tenant un pieu dans le jardin ; en ouvrant un colis avec un coupe-papier en argent massif et en se transperçant par accident ; ou encore en se lançant dans un grand ménage, en décrochant un lustre… et en finissant proprement décapitée par sa propre décoration…
Ça ne ressemblait finalement pas du tout aux films.
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Chroniques de la Délulu – Chapitre 2 : la forceuse de jugulaire…
Luphorbia voulait simplement boire du sang sans traumatiser personne. Ce fut malheureusement elle qui termina profondément traumatisée…